
Phèdre de mémoire

de Marie
Vitez
Mon père attachait une importance
particulière à la manière de dire, de parler les alexandrins, au rythme, à
la rime, aux respirations, autant qu'à la vois des acteurs, leur timbre, leur
accent.
Cette façon d'entendre la langue, qui
dépassait d'ailleurs le cadre du théâtre, et même de la langue française
(il était polyglotte lui-même) faisait que son travail chargeait d'une
émotion particulière la musicalité des alexandrins, lui donnait un sens
propre.
J'ai travaillé sur mon souvenir, écrit des
brides de textes qui me revenaient, retrouvé les souvenirs périphériques,
intimes, les souvenirs d'émotions adolescentes éprouvées à l'époque...
J'avais quinze ans quand j'ai eu cette chance
de voir et revoir, entendre et écouter de près, de loin, de suivre en
tournée, ce spectacle monté par mon père.
J'aime ce mot "impression".
Le souvenir c'est la trace, ce qui reste, ce
qu'il en reste...
après c'est fini.
Comme la lumière impressionne le papier photographique, "Phèdre" m'a
impressionnée. Impression, empreinte, pression, gravure, photo,n la voix se
grave dans la mémoire, l'enregistrement sur bande magnétique, le disque,
pressé, gravé.
Échange entre deux femmes, l'une instruisant,
nourrissant l'autre, Oenone et Phèdre. Il n'y a pas d'hommes, ils ne sont
plus là, Thésée est mort. Madame, et vous seule en doutez.
Fantômes, on peut entendre leurs voix.
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Distribution
de 1975
au Théâtre des Quartiers d'Ivry
| Thésée : |
Antoine Vitez |
| Phédre |
Nada Strancar |
| Hippolyte |
Richard Fontana |
| Aricie |
Jeanne Vitez |
| Théramène |
Murray Grônwail |
| (Enone |
Christine Gagnieux |
| Ismène |
Angela Sonnet |
| Panope: |
Annick Nozati |
|
Marie Vitez
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