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L'œuvre d'Antoine Vitez, dix ans après sa mort, demeure une oeuvre à questionner.
La part d'avenir enfouie avec lui nous oblige. Il n'est plus temps de commémorer.Le théâtre, aujourd'hui, a plus que jamais besoin d'un travail de la pensée, ludique et rigoureux, prophétique et polémique.
La publication des écrits nous a donné à voir l'ampleur et la stature de l'œuvre mais, dans le même temps, s'efface dans les mémoires ce qu'il pouvait y avoir de scandaleux et de réjouissant dans sa pratique. Ce poète de la scène divisait de son vivant.
Au cours de ces trois journées, nous tenterons de ressaisir sa geste créatrice pour mieux penser notre temps et ce que pourrait être un théâtre d'art à l'aube du nouveau millénaire.
Les dialogues du matin et les essais d'après-midi se veulent, par le choix des intervenants et la forme des interventions, une manière vitézienne de mettre le théâtre au travail -dans la joie d'inventer sans trêve des équivalents possibles: dans la langue et entre les langues, dans le corps et entre les corps, entre les âges, entre un sexe et l'autre.
Eloi Recoing
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